Sabine Zlatin, qui était « La Dame d’Izieu ?

Alors que c’était il y a 72 ans jour pour jour que Klaus Barbie dit « le boucher de Lyon », et chef de la Gestapo de la région lyonnaise ordonna l’arrestation des occupants de la maison d’Izieu, je vous propose à l’occasion de cet « anniversaire » de vous présenter sa glorieuse directrice de part son héroïsme.  Sabine Zlatin sera des décennies plus tard la présidente fondatrice du « Musée-mémorial des enfants d’Izieu ».

Biographie 

Sabine ZLATIN née CHWAST voit le jour le 13 janvier 1907 à Varsovie en Pologne, elle la cadette d’une famille juive de douze enfants. Sabine arrive en France au milieu des années 20 à Nancy où grâce à un professeur de l’université dans laquelle elle commence des études en histoire de l’art obtient une carte de séjour. Sabine reçoit en 1927 un Diplôme Elémentaire de Langue Française et de l’Alliance Française.

C’est à l’Université de Nancy qui accueillent de nombreux étudiants des pays de l’est qu’elle rencontre Miron ZLATIN, né en 1904 son futur mari, étudiant juif issu d’une famille aisée Russe. Ce dernier termine à Nancy ses études d’ingénieur agronome.

Sabine et Miron se sont marient officiellement dans ville natale de Sabine le 8 octobre 1928. Ils sont tous deux naturalisés français le 26  juillet 1939. Le couple garde un lien avec leurs familles restées à l’Est entre 1939 et 1942 bien que la mère de Sabine soit enfermée dès 1940 dans ghetto de Varsovie, cela par l’intermédiaire de la Croix Rouge. Les liens sont rompus en juillet 1942 (même période que la rafle du Vel d’Hiv à Paris, précisément le 16 juillet) lorsque les déportations vers le camps de la mort de Treblinka commencent.

Au printemps 1943 les ZLATIN quittent Montpellier avec une quinzaine d’enfants juifs. Ils gagnent tous ensemble la Zone d’occupation italienne située à l’Est du Rhône.

C’est avec l’aide du sous-préfet de Belley, Pierre-Marcel WILTZER que Sabine et Miron s’installent à Izieu, dans l’Ain et y créent la «  Colonie des enfants réfugiés ». Miron organise prend la direction de la colonie au quotidien pendant que Sabine est en charge de maintenir le contact avec l’extérieur, notamment en effectuant des allers retours réguliers entre Izieu et Montpellier. Italie capitule le 8 septembre 1943, les allemands qui occupent désormais zone.

Le 18 octobre 1943, c’est la rentrée scolaire, Gabrielle PERRIER épouse TARDY est nommée institutrice à la « Colonie des enfants réfugiés ». La perquisition des locaux de la troisième direction de l’UGIF basée à Chambéry par la Gestapo le 8 février 1944 met en danger la colonie d’Izieu puisqu’elle en dépend financièrement. Revenue de Montpellier en mars, Sabine y retourne début avril pour tenter de disperser et trouver de nouveaux hébergements pour les enfants tout en y poursuivant sa première fonction au sein de l’OSE : assistante sociale, elle y aide d’ailleurs plusieurs famille. Elle est à Montpellier le 6 avril 1944 lorsqu’à lieu la rafle des quarante-quatre enfants et des sept éducateurs de la colonie dont elle est informée par un télégramme provenant de la sous-préfecture de Belley. Sabine a tenté de sauver les enfants en vain. Ce 6 avril 1944, la rafle effectuée par la Gestapo et de l’armée allemande de la région lyonnaise alors sous le commandement de Klaus Barbie. Tous sont dépotés via plusieurs convois successifs entre le 13 avril et le 30 juin 1944 de Lyon vers Drancy. Tous rouveront la mort à leur arrivée dans les camps d’extermination d’Auschwitz Reval (Tallin en Estonie aujourd’hui, excepté Léa Felblum éducatrice. Sabine quant à elle prend le risque de revenir à la maison d’Izieu quelques semaines après la rafle. Elle y récupère pêle-mêle des lettres, des dessins d’enfants qu’elle garde précieusement. Sabine ZLATIN gagne en suite Paris, où sous le nom de Jeanne Verdavoire elle assure une ou des missions auprès du service social du Mouvement de libération nationale. Sabine se voit nommée à la libération en 1945, chef du service hôtellerie centre Lutécia à Paris. Ce service est donc chargé d’organiser l’accueil des déportés. Plus d’un an après la rafle de la maison d’Izieu Sabine ZLATIN apprend que Miron, son mari ne reviendra jamais des camps que l’on appelle à juste titre « les camps de la mort ». A la fin de cette même année fait à travers la France une série de conférences sur déportation, le commencement du devoir de mémoire pour ses enfants et adultes victimes des atrocités barbares des autorités nazies.

Le 7 avril 1946, soit deux ans et un jour après la rafle lors d’une importante cérémonie, en sa présence une plaque commémorative est posée sur la maison et un monument est érigé à Bergnier-Cordon sur le bord de la route qui conduit à Izieu.

Dès lors, Sabine ZLATIN vient tous les ans commémorer avec les habitants des alentours la rafle de la « Colonie d’enfants réfugiés ».

En juin 1987, à Lyon se tient le procès de l’ancien chef de la gestapo de la région : Klaus Barbie. Sabine ZLATIN s’est constituée partie civile elle y témoigne. Suite à ce procès Sabine ZLATIN crée avec d’autres personnes ayant un lien avec l’histoire de cette colonie une association dont l’objectif sera de faire de cette maison marquée par l’Histoire tragique un lieu de mémoire vivant. Sabine est décorée de la croix de chevalier de la Légion d’Honneur le 23 mars 1989 par François Mitterrand, Président de la République. Le « Musée-mémorial des enfants d’Izieu » est inauguré le 24 avril 1994, Sabine en devient la présidente-fondatrice et son action héroïque est reconnue par la République. Son souhait est que ce mémorial devienne un symbole, celui de la dénonciation des crimes contre l’humanité, un lieu de « vigilance de résistanceaux idéologies fanatiques » : un lieu ouverts à tous !

Sabine ZLATIN : la Dame d’Izieu, avec un grand « D » s’est éteinte le 21 septembre 1996 âgée de 89 ans après avoir fait de la Maison d’Izieu son légataire universel. Elle repose désormais au cimetière du Montparnasse.

Extrait poignant du témoignage de Sabine ZLATIN au procès de Klaus Barbie

« Barbie a dit pour sa défense qui ne s’occupait que des maquisards. Et les enfants d’Izieu, c’étaient quoi ? Des terroristes ? Des résistants ? NON !!! C’étaient des I-NNO-CENTS ! »

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